Un drame s’est abattu sur Lisbonne en ce début de septembre 2025, lorsque l’un des emblématiques funiculaires de la ville a déraillé, créant une onde de choc dans un quartier très fréquenté par les touristes. Ce funiculaire, symbole de la vie quotidienne portugaise et joyau historique, a brutalement quitté les rails, provoquant un accident d’une rare gravité. Au moins 16 personnes ont perdu la vie, parmi lesquelles une ressortissante française, tandis que plusieurs autres ont été gravement blessées. Retour sur un événement qui dépasse la simple statistique pour révéler un récit humain poignant et interrogeant.
Un déraillement spectaculaire dans le cœur touristique de Lisbonne
Le funiculaire de la Gloria, qui relie la place du Rossio aux quartiers prisés du Bairro Alto et du Principe Real, est bien plus qu’un simple moyen de transport. Construit en 1885 par l’ingénieur Raoul Mesnier du Ponsard et électrifié dès 1915, cet ascenseur incline chaque jour des dizaines de passagers sur une pente raide qui caractérise le paysage lisboète. Son fonctionnement régulier est ancré dans le quotidien des habitants et la curiosité des visiteurs.
Le 3 septembre, peu après 18 heures, ce moyen chargé d’histoire s’est transformé en tragédie. Les premiers témoignages évoquent une descente à une vitesse inhabituelle et inquiétante, avant que le funiculaire ne percute violemment un immeuble. « Il n’avait aucun frein. Il a percuté un bâtiment avec une force brutale et s’est effondré comme une boîte en carton », a raconté une témoin à la chaîne SIC, offrant un regard direct sur la violence de l’accident.
Cette tragédie a immédiatement mobilisé les secours et suscité une grande émotion dans la capitale portugaise comme à l’international. Quand un symbole de la ville devient le théâtre d’un tel drame, le choc ne se limite pas aux chiffres, il traverse les histoires, les visages et les espoirs de ceux qui y croyaient. La question devient inévitable : quelles failles ont pu conduire à ce déraillement soudain ?
Un bilan humain lourd : 16 victimes et des familles en deuil
Derrière les chiffres, il y a des vies brisées, des familles plongées dans la douleur, et un choc profond pour toute une communauté. Ce déraillement a fait au moins 16 morts, dont une Franco-canadienne identifiée parmi les victimes, et cinq blessés graves. Cette dernière nouvelle a été confirmée par le ministre français des Affaires étrangères, témoignant d’une implication internationale dans cette tragédie.
Parmi les victimes se trouvent non seulement des Portugais, mais aussi plusieurs nationalités, ce qui souligne le caractère cosmopolite de Lisbonne et la portée humaine de l’accident. Des Sud-Coréens, un Suisse, des Canadiens, un Américain, un Allemand et un Ukrainien figurent dans ce tragique bilan. Ce mélange de nationalités rend ce drame universel : il rappelle que derrière chaque voyage se cachent des histoires, des rencontres, des réalités multiples.
La présence de touristes et de résidents étrangers fait émerger des questions sur la sécurité des infrastructures touristiques, souvent prises pour acquises. Une autre Française, légèrement blessée, a également été prise en charge, avec des nouvelles rassurantes sur son état, soulignant la complexité de la dynamique des victimes dans ce type d’accident.
Le maire de Lisbonne, Carlos Moedas, n’a pas hésité à qualifier cet événement de « tragédie sans précédent », soulignant à la fois la rareté et la gravité du drame dans une ville qui valorise tant son patrimoine et son accueil. Ce bilan humain impose un regard plein d’empathie sur la fragilité de la vie et sur l’importance d’une réponse humaine et solidaire, au-delà de l’urgence médico-sociale.
Aux origines du drame : enquête et questions sur la sécurité des funiculaires
Dans les heures qui ont suivi la catastrophe, la société Carris, responsable des transports publics de Lisbonne, a assuré que les protocoles de maintenance avaient été respectés. Selon leurs déclarations, les opérations de maintenance générale avaient été effectuées en 2022, tandis que l’entretien intermédiaire, programmé tous les deux ans, avait eu lieu en 2024. Malgré ces précautions affichées, le funiculaire est sorti brutalement de son contrôle.
Cette dissonance entre la rigueur supposée des vérifications et la survenue d’un accident aussi violent pose une question essentielle : comment concilier patrimoine historique et exigences contemporaines de sécurité ? Depuis plus de 140 ans, des équipements conçus à la fin du XIXe siècle continuent de circuler dans des quartiers densément fréquentés. Il s’agit d’un véritable défi technique et humain.
La mairie a pris la décision de suspendre l’exploitation des trois autres funiculaires de la ville pour procéder à des vérifications approfondies. Cette mesure, dictée par l’urgence sanitaire et la prudence, met en lumière l’importance de la prévention et du contrôle rigoureux. Il s’agit aussi d’un moment de réflexion qui dépasse Lisbonne : quels enseignements pourront être tirés pour d’autres infrastructures similaires en Europe ou ailleurs ?
Le rôle des prestataires externes, en charge de l’entretien depuis plus d’une décennie, est également scruté, ouvrant un débat sur la gestion et la supervision des équipements publics. Cette enquête, ouverte conjointement par la société Carris et les autorités portugaises, reste cruciale pour comprendre les causes précises du déraillement, qu’il s’agisse d’un défaut mécanique, d’une erreur humaine ou d’une combinaison complexe de facteurs.
Une réalité plus complexe qu’il n’y paraît, que chaque détail de cette enquête pourra éclairer, en donnant la parole aux spécialistes, aux témoins et aux victimes, afin de mieux garantir la sécurité de ces systèmes qui rythment le quotidien de millions de personnes.
Les images de l’accident et les premiers rapports laissent entrevoir une cascade d’événements qui dépasse la simple panne technique. Une analyse complète sera essentielle pour éviter que ce drame ne se reproduise, car plus qu’une statistique, cette catastrophe est un appel à renforcer la sécurité des infrastructures tout en respectant leur valeur patrimoniale.






